Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Je sais pourquoi

10 heures de voyage. Aujourd’hui, l’orchestre a rejoint Taipeh via Hong Kong. Tout le monde est parti avec en tête l’idée que ce serait une épreuve. En fait, l’opération s’est déroulée sans heurt ni véritable attente. L’étape à Hong Kong nous permit enfin d’accéder au blog que nous alimentions depuis notre départ : jusqu’à cette île hors de la grande Chine, notre adresse était inaccessible.

L’orchestre s’est étiré dans l’immense aéroport de transit, c’est à peine si on s’est croisé et ce n’est qu’à la nuit tombante, sur le trottoir de l’aéroport de Taipeh, que j’ai pu retrouver Benoît de Barsony, le cor solo, pour parler du concert de la veille. Oui, dit-il, la salle posait problème à son pupitre. Mais c’est un problème récurrent.
Dans l’orchestre, il y a les cordes devant, puis la petite harmonie (flûtes, hautbois, bassons, clarinettes), puis les cuivres (trompettes, trombones, tuba). Les cors font la jonction entre ces deux derniers éléments. La particularité des cors, par leur tenue, leur forme enroulée et leur pavillon, est d’émettre le son en biais vers l’arrière. S’ils sont à droite, quand on regarde l’orchestre de face, le son qui sort de ces instruments va être reçu directement par les bassons et les trombones, les plus proches à côté et derrière eux. Leur écoute est faussée, ils vont jouer plus fort, ce qui provoquera des déséquilibres avec l’ensemble.
« Demande aux trombones ce qu’ils en pensent, suggère Benoît de Barsony en souriant. Quand je suis arrivé à l’orchestre, c’est à peine si on m’a demandé comment je m’appelle, la question c’était : à droite ou à gauche?».
Si les cors sont à gauche, que la scène est petite et qu’il s’agit d’une symphonie romantique avec un gros effectif –comme hier soir- les cors se retrouvent collés contre la paroi latérale et presque au fond. Le son qui sort du pavillon vient claquer presque instantanément contre les murs et revient de manière brutale, il est pénible pour les cornistes et dur pour l’auditeur.

Hier soir, dans le dernier mouvement de la symphonie de Mahler, en effet, les cors « débordaient » sur le reste de l’orchestre, on sentait bien que le rapport des puissances était inexact. “Mais jouer moins fort est presque impossible dans certaines tessitures, c’est fatiguant et la justesse est moins sûre. À l’Orchestre de Paris, on a joué à droite -la petite harmonie et les trombones étaient usés- puis à gauche –et les cornistes souffrent, même si Salle Pleyel l’effet est moins rude. L’idéal serait de créer un rang supplémentaire, mais la profondeur n’y est pas toujours“.
Mais maintenant, pour Taiwan où l’orchestre va se produire pour la première fois et jusqu’à la fin de la tournée, les œuvres requièrent des effectifs moins grands.

1 commentaire

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  1. Emma Reitlinger

    Ici, le temps est triste comme un jour sans Orchestre de Paris…
    Merci de vos envois qui nous font paraître votre absence moins longue.
    Pourrions-nous avoir une carte postale sonore de l’un de vos concerts ?

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