Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Carte postale sonore

Merci à Emma de son commentaire hier. Ce matin, justement, c’est le mot « carte postale » qui m’est venu, au sujet de cet extrait du concert de Shanghai que je voulais mettre sur le blog.
Parce que, bien sûr, enregistré à la sauvette, du 15e rang, ce n’est pas de la prise de son de concert, ça doit saturer un peu dans les forte, c’est à écouter sur son ordinateur et pas sur sa chaîne hifi (si ça existe encore).

Mais voilà, d’abord je pensais interviewer les musiciens sur la symphonie de Mahler qu’ils allaient jouer une dernière fois : les solistes (ceux qui sont si nombreux dans cette pièce magnifique, à commencer par la contrebasse, le basson, l’alto…) et puis les violonistes, ceux dont j’ai vu la tête partir en arrière, les yeux monter aux cintres, dans les moments où, ne jouant pas, ils sont soulevés par la musique autour d’eux.

Mais je n’ai pas pu. Trop pris par l’émotion de ce concert dont je savais qu’il serait spécial. Au raccord de la fin d’après-midi, les musiciens n’avaient pas la tête à répéter, je l’avais senti. Christoph Eschenbach a fait le clown, ils ont tous ri et applaudi. Ils n’étaient pas concentrés pour travailler, ils voulaient y aller, tout de suite, le costume noir et pour de vrai.
Et puis être l’un des seuls Européens de la salle et sortir sans scrupule son pirateur numérique, même made in China, je ne me sentais pas de la faire. Evidemment, au fur et à mesure que la symphonie montait, que ça prenait, je regrettais mon hésitation. Alors je me suis dit que j’enregistrerais le bis, que c’était une bonne idée : juste un petit souvenir, une carte postale à ceux qui ne sont pas avec nous jour après jour. Smetana, la Danse des comédiens, extrait de l’opéra La fiancée vendue.

2 commentaires

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  1. Marie Noëlle WADIER-IMBERT

    J’ai éprouvé les même soulèvements à travers cette carte postale sonore qu’en écoutant la La Symphonie N. 2 de Gustav Mahler au THEATRE MOGADOR

  2. Emma Reitlinger

    Merci, cher Christian Leblé, de vous être fait pirate, venant ainsi au devant de mon souhait.
    Souyez rassuré. En dépit des moyens de fortune de cet enregistrement, la joie de Smetana ne perd rien de son éclat ni l’interprétation de son enthousiasme communicatif.

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