Une vie d'orchestre ce n'est pas seulement un soir de votre vie, c'est aussi plein de petits moments... que nous avons voulu partager avec vous

Détente et concentration quelques minutes avant le début du premier concert


Retour à Vienne

Retour à Vienne ou l’orchestre ne s’était pas produit depuis mai 1998, sous la direction de Semyon Bychkov avec Radu Lupu.
Quelques heures après leur arrivée les musiciens répètent déjà la Symphomie lyrique de Zemlinsky avec Matthias Goerne et Michaela Kaune. Ils se familiarisent avec cette salle mythique toute en bois (les pupitres des musiciens ne dérogent pas à cette règle) dont l‘acoustique est chaleureuse et ronde et qui semble s’être figée dans le temps. Peu de place sur la scène, les Viennois sont habitués à jouer au coude à coude, les effectifs importants requis pour la Symphonie lyrique peinent à rentrer et les musiciens doivent trouver leurs marques. Les violons installés tout au fond demandent à Christoph Eschenbach d‘amplifier ses gestes pour mieux le voir. Entre deux reprises d’une partie plus difficile, les regards se distraient pour admirer les plafonds de la salle et les dorures…
Demain soir, l’orchestre jouera aussi la 8eme symphonie de Dvorák.

Joyeux Trille

De sueur et d’eau, d’ors et de courbes
Il n’est certes pas économe,
Non plus que de son chant qui tonne,
Et l’ignorer serait d’un fourbe.

Dans le contour de sa couronne
Se presse, cocasse anamorphose,
Tout un petit peuple virtuose,
C’est sa fratrie qui s’époumone.

Ses élans généreux, ses frasques,
Sont gages d’une nature bonne,
Celle d’un luron qui gasconne
En s’amusant de ses bourrasques.

Aussi Maestros, épigones,
Amis, magnanimes soyez
Si d’aventure vous oyez
La grande voix qui fanfaronne.

Car il vaut bien qu’on lui pardonne,
Le gai trombone.

Premières images !

Un pour tous…

Il y a quelques fortes personnalités dans cet orchestre, j’en veux pour exemple nos trois trombones qui, à l’instar des Trois Mousquetaires, sont quatre pour cette Huitième Symphonie de Mahler.
Vous les verrez faire cause commune dès les premières mesures en un triomphant unisson qui sonne comme le serment de fidélité de quatre solides bretteurs. Leur envie d’en découdre les fait parler d’une même voix et cette coulisse qui les démange, c’est d’un même élan qu’ils l’extraient du fourreau.
Mahler lui-même, qui connait leur bouillant naturel, ne s’y est pas trompé et les laisse, d’ailleurs, dégainer les premiers, devançant le gros du bataillon orchestral et coupant presque la parole au chœur. Mais là, point d’effronterie, la mission est de servir, servir encore, tant par la gravité des chorals que par la malice des polyphonies les plus échevelées.Nos quatre compères, certes, savent faire preuve de la plus robuste gaité comme du recueillement le plus sombre, mais sans jamais oublier… leur panache.