Préparatifs
Un projet tel que la Symphonie “des Mille” à Bercy implique un long et minutieux travail préparatoire ainsi qu’une collaboration étroite entre de nombreux métiers pour que le jour “J” cette oeuvre puisse donner sa pleine démesure dans ce lieu unique.
Mon travail, en tant que régisseur technique de l’Orchestre de Paris, consiste à réunir toutes les conditions techniques pour que ce spectacle soit une réussite.
Une des premières difficultés est bien sûr l’acoustique. Il a fallu éviter que l’Orchestre, les choeurs et les voix soient noyés par le gigantesque du lieu. Pour permettre à chaque spectateur, quelle que soit sa place, de ressentir pleinement l’interprétation du chef d’orchestre, nous avons opté, en concertation avec le chef d’orchestre, pour une sonorisation de l’oeuvre aussi “naturelle” que possible. Je me souviens d’un concert de l’Orchestre de Paris à Bercy, un des premiers de musique classique dans cette salle, qui n’avait pas été sonorisé : l’oeuvre se dissolvait totalement dans le volume de Bercy.
Disposer sur scène cent cinquante musiciens (alors qu’un concert normal n’en sollicite que quatre vingt à quatre vingt dix) et cinq cent trente choristes, ce n’est pas rien ! Un dialogue s’établit entre les techniciens de Bercy qui connaissent parfaitement le lieu, les équipes de l’Orchestre de Paris, Christoph Eschenbach et Stéphane Fiévet qui assure la mise en espace du concert.
Cette représentation de la Symphonie “des Mille” sera aussi un spectacle ! Chacun, solistes, musiciens ou choristes, doit trouver sa place au bon moment, et l’ensemble doit créer un sentiment d’équilibre perceptible par chaque spectateur.
Le réglage des lumières est également trés important. Il doit permettre à chaque artiste de pouvoir suivre sur sa partition sans affaiblir l’impact des projections vidéos d’Ange Leccia sur les trois écrans, tout en créant l’ambiance voulue pour le spectateur … et pour la télévision, puisque France 2 va filmer le concert !
Ce qui est passionnant dans mon métier c’est qu’on ne crée jamais deux fois la même configuration. Chaque concert est unique. J’ai déjà eu, au cours de ma carrière, à m’occuper de projets très particuliers, comme le concert en plein air au Trocadéro de l’Orchestre de Paris (”les trois ténors”), un concert franco-allemand à deux orchestres dirigé par Janowski à la cathédrale de Cologne, une Symphonie “des Mille” à la Villette ouverte à tous les musiciens des orchestres français… A chaque fois, tout est à redéfinir.






